- 23 mars 2026
la Cour des comptes consolide la gouvernance financière du Gabon
Libreville, le 23 mars 2026 – Une page essentielle de la rigueur financière s’est tournée ce lundi au Palais de Justice de Libreville. Devant la Cour des comptes réunie en audience solennelle, 19 agents comptables publics, récemment nommés en Conseil des ministres, ont prêté serment. Un engagement sacré qui scelle leur entrée en fonction et leur responsabilité personnelle dans la gestion des deniers de l’État
Une cérémonie républicaine sous le signe de la transparence
C’est dans la majesté du cadre judiciaire que le Premier Président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, a présidé cette audience solennelle. Entouré des magistrats de la Cour en tenue de cérémonie, il a reçu l’engagement solennel des 19 impétrants, désormais gardiens jurés des finances publiques.
L’événement a réuni les plus hautes autorités du pays :
- Thierry Minko, ministre de l’Économie ;
- François Ndong Obiang, ministre de la Réforme des institutions ;
- Luther Steeven Abouna Yangui, Directeur général de la comptabilité publique et du Trésor (DGCPT).
Leur présence témoigne de l’importance stratégique de cette étape, bien au-delà d’une simple formalité administrative. Le serment constitue en effet le préalable légal indispensable à l’exercice des fonctions de comptable public.
« Ce rite républicain engage votre honneur, votre responsabilité juridique et votre patrimoine. »
« Si je mens, punissez-moi » : la parole donnée comme dernier rempart
Dans un réquisitoire remarqué, la Procureure générale près la Cour des comptes, Isabelle Rashiwa épouse MATHE, a cité Montesquieu pour rappeler la puissance du lien créé par le serment : « Il n’est pas de lien plus fort entre les hommes que le serment. »
Elle a résumé l’essence de cet engagement par une formule frappante : « Si je mens, punissez-moi. » Une mise en garde directe, qui rappelle aux nouveaux comptables que leur parole donnée devant la juridiction financière les expose personnellement – y compris sur leurs biens propres – en cas de manquement.
Le Premier Président Alex Euv Moutsiangou a quant à lui inscrit cette cérémonie dans la vision nationale de restauration des institutions portée par le Président de la République. Il a insisté sur un principe fondamental :
« La bonne gouvernance commence par le respect des lois et règlements. »
Il a également rappelé un mécanisme dissuasif méconnu : des sûretés réelles (garanties patrimoniales) grèvent les biens des comptables publics, afin de protéger l’État contre d’éventuelles malversations.
19 ambassadeurs de la probité face à leurs responsabilités
Pour les nouveaux agents, les défis sont immédiats et concrets :
- tenue fidèle et régulière des comptes ;
- exécution rigoureuse du budget de l’État ;
- reddition systématique des comptes devant la Cour.
Isabelle Kwaou, porte-parole des impétrants, a réaffirmé au nom de tous leur détermination :
« Notre mission est de gérer les deniers publics en recettes et en dépenses. Chaque fois qu’un comptable public pose des actes contraires à ces principes, il engage sa responsabilité personnelle. »
Un message clair, à destination de l’administration comme des citoyens : la transparence n’est pas une option, mais une obligation juridictionnelle.
La Cour des comptes, pilier du contrôle et de la modernisation
Au Gabon, la prestation de serment devant la Cour des comptes n’est pas une simple étape symbolique. Elle place immédiatement les comptables sous la juridiction exclusive de la Cour, qui jugera leurs comptes et pourra, le cas échéant, les déclarer personnellement et pécuniairement responsables.
Cette cérémonie s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’administration financière gabonaise, en phase avec le Plan national de croissance et de développement. Pour la Direction générale de la comptabilité publique et du Trésor, l’arrivée de ces 19 agents qualifiés représente un renforcement opérationnel décisif.
« Sous l’œil vigilant du ministère public, ces nouveaux comptables devront transformer leurs engagements solennels en actes concrets de transparence financière. »
une nouvelle génération au service de l’intérêt général
Alors que le Gabon poursuit résolument sa marche vers une gouvernance exemplaire, ces 19 comptables publics deviennent les premiers remparts contre la gabegie. Leur serment, prononcé le 23 mars 2026 devant la Cour des comptes, résonne désormais comme un pacte de responsabilité avec la Nation.
La Cour des comptes, garante de ce serment, veillera. Et si la parole donnée est trahie, la loi sera appliquée – sans faiblesse, sans complaisance.



